« Moi, sur Google, ça va, je suis bien placé. » C’est une phrase que j’entends souvent, et dans la grande majorité des cas, la personne qui la prononce se trompe — sans le savoir, et de bonne foi. Non pas parce qu’elle est naïve, mais parce qu’elle a vérifié de la seule façon qui ne marche pas : en se cherchant elle-même. Savoir si vous êtes réellement visible sur Google n’a rien d’une impression. C’est une chose qui se mesure, avec méthode, et les chiffres racontent souvent une histoire très différente de ce qu’on imagine.
Dans cet article, je vous explique comment je procède concrètement pour établir le vrai positionnement d’un professionnel, pourquoi la vérification « maison » que font presque tous les indépendants est faussée, et ce qu’une mesure sérieuse révèle que l’œil ne voit jamais. L’objectif n’est pas de vous rendre expert, mais de vous donner un regard juste sur votre propre visibilité — parce qu’on ne corrige bien que ce qu’on mesure bien.
Pourquoi votre intuition vous trompe presque toujours
Avant de parler méthode, il faut comprendre pourquoi le réflexe naturel — se chercher soi-même — donne une image fausse. Deux pièges s’y cachent, et presque tout le monde tombe dans au moins l’un des deux.
Piège n°1 : vous vous cherchez en étant « reconnu » par Google
Pour savoir où ils en sont, les gens font le geste le plus naturel du monde : ils tapent leur métier sur Google, regardent, et se voient apparaître. Soulagement : « je suis là, c’est bon. » Sauf que ce test ne prouve presque rien.
Quand vous faites cette recherche, vous êtes presque toujours connecté à votre compte Google, sur votre propre téléphone, depuis votre lieu de travail. Google le sait. Il sait que ce site est le vôtre, il connaît votre position exacte, et il garde en mémoire que vous avez déjà visité votre site des dizaines de fois. Résultat : il vous fait remonter votre propre résultat en priorité, parce qu’il a toutes les raisons de penser que c’est précisément ce que vous cherchez. Vous voyez donc une page sur mesure, fabriquée pour vous — pas celle que voit un inconnu. Entre votre historique, votre connexion et votre localisation, le résultat que vous obtenez est le plus flatteur possible, et le moins représentatif de la réalité. Vous testez l’examen avec les réponses déjà sous les yeux.
Piège n°2 : vous testez votre nom, pas votre métier
Voici le malentendu le plus important de tout l’article. Pour se rassurer, beaucoup tapent le nom de leur entreprise ou de leur site. Et forcément, ils sortent en première position. Victoire ? Pas du tout. Parce que les seules personnes qui tapent le nom exact de votre entreprise sont celles qui vous connaissent déjà. Ressortir sur son propre nom, c’est normal — mais ça ne vous amènera jamais un seul nouveau client.
Le nouveau client, lui, ne connaît pas votre nom. S’il le connaissait, il ne chercherait pas. Il tape ce dont il a besoin : « coiffeur près de moi », « ostéopathe » suivi de sa ville, « électricien » et le nom de sa commune. Ce sont ces recherches-là — ce qu’on appelle les intentions de recherche — qui décident si vous existez ou non pour un inconnu. Être premier sur son nom et invisible sur son métier, c’est être trouvable seulement par ceux qui n’ont pas besoin de vous trouver. J’ai consacré un article entier à ce drame silencieux : pourquoi vos clients ne vous trouvent pas.
Un exemple qui résume tout
Un cas que je vois régulièrement sur le terrain. Une coiffeuse était persuadée d’être bien visible : elle avait sa fiche Google, elle se retrouvait quand elle se cherchait. Mais en tapant simplement « coiffeur près de moi », comme le ferait n’importe quel habitant du secteur, elle n’apparaissait nulle part. Pas plus bas dans la liste : nulle part. Sa fiche existait pourtant bel et bien. Entre « avoir une fiche » et « ressortir quand un client cherche », il y a un fossé — et c’est dans ce fossé que se perdent la plupart des clients potentiels.
Ma méthode pour mesurer un positionnement réel
Puisque l’intuition trompe, voici comment je m’y prends réellement quand un professionnel me demande où il en est. La démarche repose sur une règle : ne regarder que des données objectives, jamais des impressions.
Première étape : la Google Search Console
Ma toute première étape est de vérifier s’il dispose d’une Google Search Console connectée à son site. C’est l’outil gratuit de Google qui montre la vérité, sans filtre ni flatterie : les recherches réelles pour lesquelles le site apparaît, et à quelle position moyenne. Si cette connexion existe, j’ai immédiatement une image fidèle de la situation. Si elle n’existe pas, c’est déjà une information en soi — cela veut dire que personne n’a jamais regardé les vrais chiffres, et qu’on pilotait jusque-là à l’aveugle.
Deuxième étape : le point de vue d’un inconnu
J’interroge ensuite des outils professionnels de référencement — ceux que j’utilise au quotidien — pour voir, de façon neutre, si le site ressort sur les recherches qui comptent, et s’il est présent sur la carte Google Maps, si déterminante pour une activité locale. Ces outils me donnent le point de vue d’un inconnu, débarrassé de tout historique et de toute géolocalisation personnelle : exactement ce que l’auto-test ne permet jamais. Vous n’avez pas besoin de ces outils payants de votre côté ; c’est mon travail de les manier. Mais il est utile de savoir que c’est à ce niveau-là que se vérifie un positionnement, pas en se cherchant depuis son canapé. La présence sur la carte est un sujet à part entière, que je détaille dans mon article sur apparaître sur Google Maps.
En croisant ces deux sources, j’obtiens en quelques minutes une photographie honnête : sur quoi le professionnel ressort vraiment, sur quoi il est absent, et où se trouvent les occasions manquées.
Ce que la Search Console révèle et que l’on ne voit pas autrement
Cet outil mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il montre des choses qu’aucune recherche manuelle ne pourra jamais vous apprendre. La Google Search Console ne vous dit pas ce que vous aimeriez entendre : elle vous dit ce qui est.
Les vraies recherches, et la vraie page
Elle révèle d’abord les vraies recherches pour lesquelles vous apparaissez, et votre position moyenne sur chacune. On y fait souvent une découverte déstabilisante : on se croyait bien placé sur une recherche précise, et on constate qu’on n’y est pas du tout — tandis qu’on ressort, parfois, sur des recherches auxquelles on n’avait jamais pensé. Elle montre aussi quelle page de votre site remonte réellement : il arrive fréquemment que ce ne soit pas celle qu’on imaginait, mais une autre, moins travaillée, qui capte l’attention de Google à la place de la bonne.
Si vos pages sont vraiment référencées
Elle permet encore de savoir si une nouvelle page a été effectivement référencée par Google ou non, et en combien de temps — une information précieuse, car une page peut très bien exister sur votre site sans que Google l’ait seulement prise en compte. On croit avoir publié ; en réalité, pour Google, la page n’existe pas encore.
Ce qu’elle ne montre pas (soyons honnêtes)
La Search Console ne montre pas la totalité des recherches. Google en masque une partie, notamment les plus rares, pour des raisons de confidentialité, et l’affichage est plafonné. Mais ce qu’elle montre suffit très largement à voir la réalité de votre visibilité — infiniment mieux que n’importe quel coup d’œil manuel. C’est la différence entre deviner et savoir.
Le test honnête que vous pouvez faire aujourd’hui
Vous n’avez pas d’outils professionnels, et c’est normal. Mais vous pouvez déjà faire un test bien plus fiable que l’auto-recherche habituelle, et il ne coûte rien. L’idée : se mettre dans la peau d’un inconnu.
Prenez votre téléphone, et surtout passez en navigation privée — c’est ce qui coupe en partie votre historique et votre identité. Puis tapez non pas le nom de votre entreprise, mais ce que chercherait un client qui ne vous connaît pas : votre métier suivi de votre ville, ou votre métier suivi de « près de moi ». Regardez alors honnêtement : apparaissez-vous ? Sur la carte en haut ? Dans les premiers résultats ? Ou faut-il descendre longtemps, voire ne jamais vous trouver ? Faites-le pour les deux ou trois façons dont on pourrait chercher ce que vous proposez. Ce test reste imparfait — il ne neutralise pas tout, en particulier votre localisation — mais il vous rapprochera déjà beaucoup plus de la réalité.
Si le résultat vous surprend, ou vous inquiète, ce n’est pas une mauvaise nouvelle : c’est le point de départ. On ne peut rien corriger tant qu’on se croit bien placé alors qu’on ne l’est pas. Voir sa vraie position, même décevante, c’est déjà reprendre la main. Et une fois ce constat posé, la vraie question devient : comment être visible sur internet quand on part de là ?
Savoir si vous êtes bien positionné sur Google, ce n’est donc pas une question de ressenti, c’est une question de mesure — et la mesure dément souvent l’impression. Le bon réflexe n’est pas de se chercher soi-même, mais de regarder ce que voit un inconnu qui cherche votre métier, puis, pour aller au fond des choses, de s’appuyer sur les vrais chiffres de la Search Console. C’est la seule façon de distinguer « je crois que je suis visible » de « je sais où j’en suis ».
Si vous voulez une image précise et sans complaisance de votre positionnement réel — sur quelles recherches vous ressortez, lesquelles vous échappent, et ce qui se joue sur Google Maps — c’est exactement le diagnostic que je fais pour les indépendants, commerçants et artisans que j’accompagne. Parlons-en : en quelques minutes, je peux vous dire où vous en êtes vraiment, chiffres à l’appui, et ce qu’il est possible d’y changer.
Je suis Eric BLM, fondateur de studioBLM. Je conçois des sites internet pensés pour amener de vrais clients aux indépendants, commerçants et artisans — pas des vitrines qu’on admire sans jamais contacter. Basé à Bordeaux, j’interviens en Gironde, dans les Landes et au Pays basque, avec une règle simple : votre voix, vos mots, et aucun jargon.



