« Je veux refaire mon site. » C’est une demande fréquente, et parfois elle est parfaitement justifiée. Mais très souvent, quand je creuse un peu, je découvre que le problème n’est pas le site lui-même — c’est qu’on ne le trouve pas. Et dans ce cas, le refaire ne change rien : on dépense pour un nouveau site aussi invisible que l’ancien.

Dans cet article, je vous aide à faire la différence : quand une refonte est vraiment justifiée, quand elle ne réglera rien, et surtout le piège technique qui peut vous faire perdre le référencement que vous aviez mis des années à construire.


Pourquoi on veut refaire son site : la vraie raison est souvent cachée

Quand quelqu’un me dit qu’il veut refaire son site, les raisons affichées sont presque toujours les mêmes : « il est vieux », « il est moche », « il ne fait pas assez pro ». Parfois c’est vrai, et je le dis — il y a des sites qu’il faut effectivement refaire. Mais souvent, derrière cette façade esthétique, il y a une autre phrase, moins facile à formuler : « je n’ai pas assez de clients qui arrivent par mon site ».

Et c’est là que se trouve le vrai problème, dans la plupart des cas. Ce n’est pas que le site est laid. C’est que son référencement n’a jamais été travaillé — ou qu’il l’a été, mais mal. Beaucoup de ces sites ont été montés sur des plateformes génériques (Wix, Odoo et autres), mis en ligne, puis laissés tels quels. Résultat : un site qui existe, mais que Google ne met en avant pour personne.

Refaire un tel site sans s’attaquer à la vraie cause, c’est repeindre une boutique dont personne ne connaît l’adresse.


Un cas concret : le site était parfait, le problème était ailleurs

J’ai accompagné une indépendante qui voulait refaire son site. En allant le voir, j’ai eu une surprise : il n’y avait rien à redire. Le site était vraiment bien fait, je n’aurais pas fait mieux. Le refaire n’avait aucun intérêt.

Mais elle me disait avoir « travaillé le référencement ». En regardant en détail, le constat était sans appel : presque rien n’était fait, nulle part. Elle avait bien soigné certaines choses — sa façon de se présenter, quelques mots-clés — mais l’essentiel manquait. Pour vous donner une idée : seulement quatre articles, qui dataient d’il y a deux ans ; très peu de visuels ; aucune balise alt sur les images (ce petit texte qui décrit une image et aide Google à la comprendre). Et je pourrais continuer la liste.

Le travail à faire n’était pas de refaire son beau site. Il était de le rendre visible. Elle était à deux doigts de dépenser pour une refonte qui n’aurait rien changé à son problème de clients.


Quand une refonte est vraiment justifiée

Attention, l’inverse existe aussi : il y a des cas où refaire un site est non seulement justifié, mais nécessaire. Voici comment je fais la différence.

Le premier cas, c’est le mobile. Aujourd’hui, la majorité des gens vous consultent depuis leur téléphone. Et je ne parle pas d’une moyenne vague lue quelque part : je le constate sur mes propres chiffres, sur les sites que je gère.

Part du trafic venu du mobile, sur des sites que je gère

Site de bien-être
78 % mobile
22 %
Boutique en ligne
61 % mobile
39 %

Source : Matomo, 6 mois (avr.–oct. 2026). Sites gérés par studioBLM, anonymisés.

Sur un site de bien-être que je suis, près de 8 visites sur 10 viennent d’un mobile. Sur une boutique en ligne, c’est environ 6 sur 10. Autrement dit : si votre site s’affiche mal sur un téléphone, vous perdez la majorité de vos visiteurs avant même qu’ils aient lu une ligne. Et certains sites anciens sont tout simplement impossibles à adapter correctement au mobile : dans ce cas, les refaire est plus efficace que de rafistoler l’existant.

Le deuxième cas, c’est la technique. Un site cassé, trop vieux, construit sur des technologies dépassées, peut coûter plus cher à réparer qu’à reconstruire. Quand le socle n’est plus solide, repartir sur des bases propres est souvent la décision la plus raisonnable — à condition, justement, de ne pas perdre au passage ce qu’on avait acquis. Ce qui m’amène au point le plus important de cet article.


Le piège qui fait tout perdre : une refonte qui casse le référencement

Voici l’erreur qui fait le plus de dégâts, et que je vois régulièrement sur des sites refaits par d’autres avant qu’on me les confie.

⚠️ Le piège

Refaire un site, c’est souvent changer l’adresse de ses pages. Si ces changements ne sont pas accompagnés de « redirections » (une consigne qui dit à Google : « cette page a déménagé ici »), toutes les anciennes adresses mènent à une page d’erreur. Le référencement patiemment construit s’effondre d’un coup, et les visiteurs qui cliquent tombent dans le vide.

Un exemple très concret. Je viens de signer avec une cliente dans le domaine de la décoration. Lors de sa refonte précédente — que je n’ai pas réalisée — personne n’avait pensé aux redirections. Résultat : dans sa Search Console (l’outil de Google qui montre comment on apparaît dans les résultats), on voyait encore beaucoup de gens cliquer sur d’anciennes pages liées à ses avis clients… et tomber à chaque fois sur une erreur 404, la fameuse page « introuvable ». Tout ce trafic, et toute cette confiance accumulée auprès de Google, partaient à la poubelle.

C’est précisément pour éviter ça qu’une refonte sérieuse se prépare. On cartographie l’intégralité du site existant — chaque page, où elle mène, ce qu’elle rapporte — avant d’y toucher. Il existe des outils professionnels pour ça (j’utilise notamment Screaming Frog), qui permettent de ne rien oublier et de conserver le référencement pour la suite. Une refonte bien menée ne repart pas de zéro : elle emporte avec elle tout l’acquis.


Avant de vous lancer : ce que je vous demande

Si vous venez me voir pour une refonte, il y a deux choses que je pose d’emblée.

La première peut surprendre : j’ai vraiment besoin de vous. Un bon site, ça ne se délègue pas entièrement. Beaucoup de gens se reposent sur le prestataire et s’investissent du bout des lèvres — et le site s’en ressent. Pour qu’un site transpire vraiment ce que vous êtes, il faut votre implication réelle : votre métier, vos mots, votre regard. C’est à ce prix qu’il vous ressemble.

La seconde, c’est de comprendre pourquoi on refait. Je prends le temps de vulgariser, d’expliquer ce qui est cassé, ce qui bloque la visibilité, et tous les enjeux qu’il y a derrière. Parce qu’une refonte décidée sans comprendre la vraie raison, c’est une refonte qui a toutes les chances de reproduire les mêmes erreurs.


💡 À retenir

Faut-il refaire votre site ? Peut-être. Mais posez-vous d’abord la bonne question : est-ce vraiment le site le problème, ou est-ce qu’on ne le trouve pas ? Un beau site invisible restera invisible une fois refait. Un site un peu vieux mais bien référencé vaut parfois mieux qu’un site tout neuf parti de zéro. Avant toute décision, le point de départ est toujours le même : vérifier où vous en êtes sur Google.


Je suis Eric BLM, fondateur de studioBLM. Je conçois des sites internet pensés pour amener de vrais clients aux indépendants, commerçants et artisans — pas des vitrines qu’on admire sans jamais contacter. Basé à Bordeaux, j’interviens en Gironde, dans les Landes et au Pays basque, avec une règle simple : votre voix, vos mots, et aucun jargon.